Que mange les souris dans les murs ?
Lorsqu’une souris s’installe dans une cloison, un plafond ou un doublage isolant, elle ne reste pas forcément à proximité d’une source de nourriture. Elle peut parcourir plusieurs mètres chaque nuit pour chercher de quoi se nourrir. Alors, que mange une souris dans les murs ? Contrairement à une idée très répandue, elle ne se contente pas de fromage. Elle profite de presque tout ce qui est accessible dans une habitation.
Les souris sont des animaux opportunistes. Leur petite taille leur permet de se faufiler dans des ouvertures de quelques centimètres, parfois moins. Une fois installées, elles recherchent trois éléments essentiels : de la nourriture, de l’eau et un endroit calme pour fabriquer leur nid.
Une alimentation très variée
La souris domestique est omnivore, même si son régime comporte une forte proportion de végétaux et de graines. Dans une maison, elle adapte simplement son alimentation à ce qu’elle trouve. Un paquet mal fermé, quelques miettes sous un meuble ou une poubelle accessible peuvent suffire à la nourrir plusieurs jours.
Dans les murs, elle peut consommer notamment :
- des céréales, du riz, des pâtes et de la farine ;
- des graines, des noix et des fruits secs ;
- des biscuits, du pain et des aliments sucrés ;
- des aliments pour chiens, chats, oiseaux ou rongeurs ;
- des restes de viande ou de poisson ;
- du chocolat, parfois en petites quantités ;
- des fruits et des légumes ;
- des aliments gras ou très odorants ;
- des insectes et de petits invertébrés lorsque l’occasion se présente.
Une souris n’a pas besoin d’un grand repas. Elle grignote de petites quantités, mais très régulièrement. Elle peut ainsi laisser de nombreux indices : emballages percés, traces de dents, aliments déplacés et excréments dispersés le long des murs.
Les souris mangent-elles l’isolant dans les murs ?
Non, l’isolant n’est généralement pas une véritable source de nourriture pour les souris. En revanche, elles peuvent le ronger, le déplacer ou l’arracher pour aménager leur nid. La laine de verre, la laine de roche, la mousse expansive, le polystyrène et certains isolants souples offrent des matériaux faciles à manipuler.
Une souris peut également s’attaquer au carton, au papier, au tissu, au coton, au rembourrage d’un meuble ou à la mousse d’un matelas. Elle ne mange pas forcément ces matériaux : elle les utilise souvent pour créer un nid chaud et confortable.
Le problème est que les galeries creusées dans l’isolant peuvent réduire ses performances. Les matériaux déplacés ou souillés par les urines et les déjections deviennent aussi une source d’odeurs désagréables et de contamination.
Pourquoi trouve-t-on des souris dans les murs ?
Les cloisons représentent un refuge idéal. Elles sont sombres, calmes, protégées des courants d’air et rarement dérangées. Une souris peut y circuler grâce aux espaces autour des canalisations, aux gaines électriques, aux fissures et aux passages entre les matériaux de construction.
En hiver, les murs deviennent particulièrement attractifs. À l’extérieur, les températures baissent et les ressources alimentaires se raréfient. À l’intérieur, une habitation offre de la chaleur, de l’eau et une nourriture facilement accessible. Pour une petite souris, c’est un véritable hôtel quatre étoiles, même si les propriétaires des lieux ne sont pas du tout du même avis.
Les logements proches de jardins, de greniers, de garages, de caves ou de champs sont davantage exposés. Une souris peut entrer par :
- une fissure dans un mur extérieur ;
- un espace sous une porte ;
- une ouverture autour d’une canalisation ;
- une grille d’aération endommagée ;
- un conduit de cheminée ;
- la toiture ou les combles ;
- un raccordement entre une extension et le bâtiment principal.
Les besoins alimentaires d’une souris
Une souris adulte consomme peu en volume, souvent quelques grammes de nourriture par jour. Cette faible quantité explique pourquoi une infestation peut passer inaperçue pendant un certain temps. Elle n’a pas besoin de vider un paquet entier pour survivre : quelques miettes et quelques graines peuvent suffire.
Elle possède toutefois un métabolisme rapide et doit manger fréquemment. Elle recherche principalement les aliments riches en énergie, comme les céréales, les graines et les produits gras. Les aliments qui dégagent une odeur forte attirent particulièrement son attention.
L’eau est également importante. Une souris peut récupérer une partie de l’humidité contenue dans les aliments, mais elle cherchera aussi des sources accessibles : gamelle d’animal, fuite sous un évier, condensation, soucoupe de plante, éponge humide ou tuyau qui suinte.
Dans certains cas, une souris peut survivre avec très peu d’eau liquide si elle consomme des aliments humides. Cela ne signifie pas qu’il faut négliger les fuites : supprimer l’accès à l’eau rend l’habitation moins favorable, mais ne suffit pas à régler le problème.
Les aliments qui attirent le plus les souris
Les aliments secs sont particulièrement appréciés, car ils se transportent facilement et se conservent longtemps. Une souris peut emporter des morceaux dans une cloison afin de constituer une réserve près de son nid.
Les produits suivants sont souvent responsables des premières visites :
- les sacs de céréales et de graines ;
- les croquettes pour animaux ;
- les aliments stockés dans des cartons ;
- les paquets de biscuits ;
- les sacs de farine ou de sucre ;
- les graines pour oiseaux placées dans le jardin ;
- les composts mal protégés ;
- les poubelles dont le couvercle ferme mal.
Un emballage en carton ou en plastique fin ne constitue pas une protection suffisante. Les incisives de la souris poussent continuellement et doivent être usées. Elle ronge donc de nombreux matériaux, parfois sans même chercher à manger ce qu’ils contiennent.
Comment savoir si une souris se nourrit dans les murs ?
Le bruit est souvent le premier signe. La nuit, lorsque la maison est silencieuse, on peut entendre des grattements, des petits déplacements ou des bruits de rongement dans une cloison. Ces sons apparaissent généralement quelques heures après la tombée du jour, car la souris est principalement active la nuit.
D’autres indices permettent de confirmer sa présence :
- des crottes noires, allongées et de petite taille ;
- une odeur d’urine persistante près d’un mur ou d’un meuble ;
- des emballages troués ;
- des aliments grignotés ;
- des traces grasses le long des plinthes ;
- des morceaux d’isolant ou de papier déchirés ;
- des câbles ou tuyaux portant des marques de dents ;
- des bruits de course dans les cloisons ou les plafonds.
Les déjections se trouvent souvent près des zones de passage : derrière le réfrigérateur, sous l’évier, dans un placard, autour du chauffe-eau ou près d’une ouverture dans le mur. Plus elles sont nombreuses et récentes, plus l’activité est importante.
Les risques liés aux souris dans les cloisons
La présence d’une souris ne se limite pas à quelques paquets percés. Ses excréments et son urine peuvent contaminer les surfaces et les aliments. Les parasites qu’elle transporte, comme certaines puces ou certains acariens, peuvent également se disperser dans l’habitation.
Les câbles électriques sont un autre point de vigilance. En les rongeant, les souris peuvent endommager leur gaine protectrice. Dans certaines situations, cela augmente le risque de court-circuit ou de départ de feu. Une installation électrique abîmée doit être contrôlée par un professionnel.
Les odeurs posent aussi problème lorsqu’une souris meurt dans une cloison après avoir consommé un produit toxique ou s’être retrouvée piégée. Le corps devient alors difficile à retirer, surtout si aucun accès n’est prévu dans le mur. L’odeur peut durer plusieurs jours, voire davantage selon la température et l’emplacement.
Comment empêcher les souris de trouver à manger ?
La première mesure consiste à supprimer les sources de nourriture accessibles. Les aliments doivent être stockés dans des récipients rigides et hermétiques, idéalement en verre ou en métal. Les sacs en papier, les boîtes en carton et les sachets fins sont facilement attaqués.
Il est également utile de :
- nettoyer rapidement les miettes et les projections alimentaires ;
- ne pas laisser de croquettes dans une gamelle toute la nuit ;
- fermer correctement les poubelles ;
- nettoyer régulièrement sous les meubles et les appareils électroménagers ;
- limiter les stocks alimentaires dans les garages et les caves ;
- ranger les graines pour oiseaux dans un contenant étanche ;
- réparer les fuites d’eau et les robinets qui gouttent ;
- maintenir les zones de stockage propres et dégagées.
Attention toutefois : retirer la nourriture ne fait pas sortir instantanément une souris déjà installée dans un mur. Elle peut chercher ailleurs, se déplacer vers une autre pièce ou rester cachée dans son nid. La suppression des ressources doit donc être associée au colmatage des points d’entrée et à une méthode de capture adaptée.
Faut-il utiliser du poison contre les souris dans les murs ?
Les rodenticides peuvent sembler pratiques, mais ils présentent plusieurs inconvénients. Une souris empoisonnée peut mourir dans une cloison, sous un plancher ou dans un faux plafond. Son cadavre devient alors inaccessible et peut provoquer de fortes odeurs.
Ces produits sont également dangereux pour les enfants, les chiens, les chats et la faune sauvage lorsqu’ils sont mal utilisés. Un animal domestique peut manger directement l’appât ou être intoxiqué après avoir capturé un rongeur contaminé.
Si un produit est employé, il doit l’être dans un dispositif sécurisé, conformément aux indications du fabricant et hors de portée des personnes et des animaux. Dans de nombreux cas, les pièges mécaniques placés sur les trajets de la souris permettent une intervention plus contrôlable.
Comment agir efficacement ?
Il faut d’abord repérer les zones où la souris circule. Les pièges sont généralement plus efficaces le long des murs, près des plinthes, derrière les appareils et à proximité des traces observées. Une souris se déplace rarement au milieu d’une pièce : elle préfère longer les parois, où elle se sent protégée.
Les appâts peuvent être simples : une petite quantité de pâte à tartiner, de beurre de cacahuète, de céréales ou de graines suffit souvent. Inutile de déposer une grosse portion. L’objectif est d’attirer la souris, pas de lui servir un buffet à volonté.
Les ouvertures doivent être colmatées avec des matériaux résistants. La mousse seule peut être rongée. Elle peut être renforcée avec de la laine d’acier, un grillage métallique fin, du mortier ou un mastic adapté selon l’emplacement. Il est important de traiter les passages autour des tuyaux, des câbles, des portes et des aérations.
Si les bruits persistent malgré la suppression de la nourriture et le bouchage des accès, si les excréments sont nombreux ou si la souris semble circuler dans plusieurs pièces, une intervention professionnelle peut être nécessaire. Un spécialiste pourra rechercher le nid, identifier les points d’entrée et proposer une solution sans aggraver le problème dans les murs.
Nettoyer après le passage des souris
Les déjections ne doivent pas être balayées ou aspirées à sec, car cela peut remettre des particules contaminées en suspension dans l’air. Il est préférable d’aérer la pièce, de porter des gants et d’humidifier les salissures avec un produit désinfectant avant de les retirer.
Les aliments ayant été grignotés ou souillés doivent être jetés, même si l’emballage semble seulement légèrement perforé. Les surfaces doivent être nettoyées avec soin, notamment dans les placards, les réserves, les dessous d’évier et les zones proches des murs.
Une souris mange très peu, mais elle peut exploiter la moindre faiblesse dans une habitation. Quelques miettes, un sac de croquettes ou une petite fuite suffisent parfois à maintenir une présence durable. En supprimant les ressources, en sécurisant les denrées et en bouchant les accès, on réduit fortement l’attractivité du logement et les risques associés aux rongeurs cachés dans les murs.
